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Update Obligations : La Fed en pause

À l’approche de la fin du mois de janvier, les marchés financiers ont pris de l’assurance grâce à une décision largement attendue de la Réserve fédérale et à une stabilisation sur le court terme des tensions géopolitiques. 

Comme prévu, la Fed a maintenu son taux directeur inchangé dans une fourchette de 3,50-3,75 %, marquant une pause après trois baisses consécutives. Cette décision n’a toutefois pas été unanime, car deux gouverneurs de la Fed ont voté en faveur d’une baisse de 25 points de base (pb). Cette absence de consensus souligne les divergences d’opinions actuelles au sein du Comité, en particulier dans un contexte de hausse des pressions politiques avant la nomination du prochain président de la Fed.

La Fed a adopté un ton plus encourageant à propos de l’activité économique, qualifiée à présent de « solide » et reflétant une croissance résiliente et des signes de stabilisation du marché du travail. L’inflation a été qualifiée d'« un peu trop élevée ». Le président de la Fed Jerome Powell a souligné une nouvelle fois l’importance de l’indépendance de la banque centrale et a refusé de dévoiler son futur rôle après le mois de mai, lorsque son mandat de président se terminera. Il a expliqué que la politique monétaire restera dépendante des données. À présent que les risques liés à l’inflation et à l’emploi semblent plus modérés, la Fed donne l’impression d’envisager de prolonger sa pause. Cette attitude rend une baisse de taux avant juin très improbable, sauf si de nouvelles données montraient une détérioration significative dans un domaine.

Les taux américains n’ont pas beaucoup changé après la réunion. Les bons du Trésor américain à 10 ans sont établis à 4,25 % et les bons du Trésor américain à deux ans affichent un taux de 3,57 %. Ces chiffres reflètent un marché qui anticipe un ralentissement du cycle d’assouplissement. Nous continuons de prévoir une pentification de la courbe de rendement des bons du Trésor américain sur le court et moyen terme, principalement en raison d’une vulnérabilité sur la partie longue. En effet, la partie longue de la courbe reste très sensible à la dynamique de croissance et aux enjeux budgétaires.

Par ailleurs, le phénomène plus large de « debasement trade » (fuite vers les actifs tangibles) affectant l’or, les matières premières et les devises n’a pas encore eu d’impact sur les bons du Trésor américain. Cet élément représente un risque supplémentaire, en particulier si la faiblesse du dollar américain s’accentue et encourage la Banque centrale européenne (BCE) à se pencher à nouveau sur la question de l’appréciation de l’euro. En Europe, le Bund à dix ans reste à 2,86 %, reflétant des prévisions d’inflation stables et une volatilité limitée.

Les marchés de crédit restent très tendus dans toutes les régions du monde. Les spreads des obligations américaines de la catégorie « investment grade » affichent +72 pb, alors que les spreads de la catégorie « investment grade » européenne s’établissent à +73 pb, des chiffres largement inférieurs aux moyennes historiques, qui se rapprochent des niveaux les plus faibles jamais vus. Les marchés du haut rendement affichent une tendance similaire avec les spreads du haut rendement américain évoluant à +258 pb et ceux du haut rendement européen à +252 pb, un niveau également largement inférieur aux moyennes sur le long terme. Les conditions de marché restent stables grâce à de solides fondamentaux des entreprises et à une forte demande des investisseurs dans tous les segments de notation.

La semaine prochaine, l’attention sera tournée vers la BCE. ABN AMRO et les acteurs du marché s’attendent à un statu quo en matière de politique monétaire.

Florian Bardy

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