Javascript is required Le contexte géopolitique marque le début de 2026 - ABN AMRO

Le contexte géopolitique marque le début de 2026

Le début d’année s’est révélé relativement favorable pour les investisseurs. Si les tensions géopolitiques croissantes ont entraîné de la volatilité, le revirement rapide de la position de Donald Trump concernant le Groenland a contribué à apaiser les marchés. Nous restons optimistes quant aux perspectives économiques et conservons un avis légèrement positif sur les actions, avec une préférence pour les États-Unis par rapport à l’Europe. 

Au niveau sectoriel, nous prenons quelques bénéfices en ramenant notre exposition au secteur financier à neutre, car nous constatons un essoufflement de la dynamique et anticipons d’éventuelles pressions réglementaires aux États-Unis. Par ailleurs, nous maintenons une position neutre sur les obligations. Enfin, nous réduisons légèrement notre surpondération en or pour sécuriser une partie des gains après le récent rallye. Toutefois, nous restons positifs sur le métal précieux, qui nous offre à la fois diversification et protection à la baisse.

  • Taux d'intérêt : pression sur les taux d'intérêt à long terme
  • Macroéconomie : perspectives positives malgré les tensions géopolitiques
  • Actions : potentiel de hausse supplémentaire
  • Obligations : vigilance sur les déficits budgétaires
  • Matières premières : profiter du rallye de l’or pour prendre des bénéfices

Vidéo Erik Joly: pression sur les taux d'intérêt à long terme

Macroéconomie : perspectives positives malgré les tensions géopolitiques

Les premières semaines de 2026 ont été marquées par des événements géopolitiques. Tout d’abord, l’intervention militaire américaine au Venezuela visant à évincer le président Maduro a fait monter la tension, même si les marchés sont restés relativement stables. Cependant, le ton menaçant de M. Trump envers le Groenland, pourtant allié de l’OTAN, a inquiété les investisseurs, jusqu’à ce qu’il revienne sur sa position. Le rebond rapide des marchés financiers s’inscrit dans une tendance que nous avons déjà observée : l’histoire montre que l’impact des tensions géopolitiques est souvent de courte durée ; il est donc conseillé aux investisseurs de rester concentrés sur les fondamentaux et d’éviter de se laisser influencer par les fluctuations passagères.

Sur le plan économique, les perspectives demeurent positives. Les gouvernements continuent de soutenir leurs économies, tandis que la Réserve fédérale (Fed) devrait abaisser encore son taux directeur. De plus, l’accent mis par l'administration Trump sur l’accessibilité financière, avec pour objectif de réduire le coût de la vie pour les Américains, pourrait déboucher sur de nouvelles mesures de relance. Enfin, la vague d’investissements liés à l’IA ne montre aucun signe de ralentissement. L’ensemble de ces facteurs nous incite à conserver une vision optimiste de l’économie mondiale, avec une croissance attendue dans toutes les grandes régions.

Actions : potentiel de hausse supplémentaire

L’environnement macroéconomique reste globalement favorable aux actions. Si risque il y a, il semble davantage porter sur une surchauffe de l’économie mondiale que sur une récession. Les valorisations sont élevées, mais, conjuguées à la perspective d’une croissance soutenue des bénéfices, nous restons légèrement positifs sur les actions. D’un point de vue géographique, nous anticipons une croissance économique et bénéficiaire plus forte aux États-Unis qu’en Europe. Par conséquent, nous privilégions les actions américaines, malgré une valorisation plus élevée que leurs homologues européennes. Concernant les marchés émergents, nous maintenons une position neutre.

Au niveau sectoriel, nous prenons des bénéfices en ramenant notre légère surpondération dans le secteur financier à une position neutre. Ce secteur a profité de tendances telles que la pentification de la courbe des taux, la déréglementation et une gestion rigoureuse des coûts. Bien que ces facteurs restent d’actualité, Donald Trump cible désormais les institutions financières américaines avec sa proposition de plafonner les taux d’intérêt sur les cartes de crédit, cette mesure s’inscrivant dans sa volonté de renforcer le pouvoir d’achat à l’approche des élections de mi-mandat. Nous estimons peu probable que cette proposition aboutisse, mais à court terme, elle pourrait peser sur l’enthousiasme des investisseurs pour le secteur financier.

Obligations : vigilance sur les déficits budgétaires

Nous restons neutres sur les obligations. Au sein de cette classe d’actifs, nous privilégions les obligations de haute qualité. Nous sommes moins enthousiastes à l’égard des obligations à haut rendement, car la prime de risque associée à ces titres est à des niveaux historiquement bas. Par ailleurs, nous surveillons attentivement les importants déficits budgétaires des gouvernements à travers le monde. Si l’économie mondiale venait à surchauffer, cela pourrait entraîner une hausse des taux d’intérêt, notamment sur les émissions obligataires de pays très endettés, ce qui serait défavorable pour les investisseurs exposés à ces titres. À l’inverse, les obligations d’entreprises de bonne qualité deviennent relativement attractives, les entreprises étant moins endettées que les États. Ainsi, au sein des obligations de haute qualité, nous restons prudents sur la dette souveraine et privilégions les obligations sécurisées (obligations d’entreprises adossées à des actifs).

Matières premières : profiter du rallye de l’or pour prendre des bénéfices

Les matières premières ont récemment affiché de solides performances dans un contexte de tensions géopolitiques accrues. L’attaque américaine contre le Venezuela et les menaces de M. Trump envers le Groenland ont incité les investisseurs à la prudence, ce qui a profité aux matières premières, notamment aux métaux précieux comme l’or. Cependant, la dynamique sur l’or a été si forte que le risque d’une correction technique s’est accru. Nous profitons donc de la hausse récente des prix pour sécuriser quelques gains, en réduisant légèrement notre position sur l’or de 5 % à 3 % du portefeuille, et en réallouant le produit de cette vente sur la trésorerie. Avec une allocation de 3 %, nous restons positifs sur l’or, qui continue de jouer son rôle de diversification et de protection contre les incertitudes géopolitiques et l’inflation.

Conclusion

Les tensions géopolitiques ont augmenté en ce début d’année, mais semblent s’être atténuées. L’économie mondiale reste solide, avec des perspectives favorables tant pour la croissance économique que pour les résultats des entreprises. Nous restons donc positifs sur les actions. Nous prenons quelques bénéfices sur le secteur financier, puisque les mesures prises par le président américain visant à augmenter le pouvoir d’achat affectent particulièrement ce secteur. Nous profitons également du rallye de l’or pour sécuriser une partie des gains en raison d’un risque accru de correction technique. Enfin, nous conservons une position neutre sur les obligations.

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